Il y a des paris qui sont fous. D'autres qui le paraissent. Lorsque Rare, plutôt novice en la matière, parle d'un jeu de plate forme qui va renvoyer l'indétrônable Super Mario World au placard, à l'époque on était un peu forcés, même contre notre volonté, de dire "ouais ouais c'est ça" avec un petit sourire en coin des plus cons.
La nouvelle tombe : Donkey Kong sera le héros. "Mais oui !" se dit-on alors. C'était cet infâme gorille qui avait kidnappé la meuf de Mario dans "Donkey Kong classic" sur NES !
Donkey Kong Classic
Oui, mais non. Rare a eu l'amusante idée de faire de son rejeton (encore petit dans Donkey Kong Classic, jouable dans la partie "Donkey Kong JR") le nouveau héros, et de relayer l'ancien DK au rang de vieux gâteux dont tout le monde se fout de la gueule (et qui en plus, a perdu beaucoup de poids, si bien qu'il ne ressemble plus à un gorille, mais plutôt à un chimpanzé anorexique.) Mais, me direz-vous, notre Donkey préféré on l'a déjà vu, dans Super Mario Kart. Vous avez raison, mais là il revient plus beau, plus fort, plus tout ce que vous voulez, et en plus il plaisante pas : il a troqué son t-shirt blanc façon gay-pride pour s'offrir une cravate rouge très classe. Et en plus, il est devenu le patron de la jungle. C'est pas la classe ça ?
L'écran titre, fort joli
Pour la petite histoire, mon frère avait acheté un numéro de Nintendo Player (on les achetait tous) qui donnait en cadeau une VHS d'un reportage dans les locaux de Rare, pour voir le développement de DKC ! Plutôt sympa, et ça donnait bien envie.
Papy Kranky, dans un clin d'oeil sympa à Donkey Kong Classic
Voici donc pour la présentation générale. Voici l'histoire globale :
Donkey se la coulait douce dans sa jungle, en compagnie de sa famille (nouveauté aussi) : Son pote le singe Diddy, sa meuf trop bonne (bon c'est une singe, fallait pas s'attendre à Nathalie Portman) Candy, le gorille supercool appelé Funky, et enfin le papy Kranky (en fait le premier Kong de l'histoire, vous suivez ?). Mais un jour, l'horreur ! L'infâme K-Rool, roi des Kremlings (des sortes de crocodiles sur deux pattes), vole tout le stock de bananes de Donkey et enferme Diddy dans un tonneau ! En voyant ça, le sang du gorille ne fait qu'un tour, et il part immédiatement à la recherche de son stock de bananes (et éventuellement, du petit singe à la casquette rouge). C'est là que votre aventure commence...
DAMNED ! MY BANANAS ! ("Oh non, mes bananes !") (A ne pas confondre avec "My home is an ananas" qui signifie "Ma maison est un ananas", vous voyez que ça n'a rien à voir.)
Et là, c'est la claque. Le jeu est beau. TRES BEAU ! La première chose qui saute aux yeux est le design des personnages. Exit les sprites de Mario, place à la 3D ! Enfin, si on veut. En réalité, les modèles ont été digitalisés en 3D (comme les persos de Killer Instinct ou Mortal Kombat plus tard). Et ils se fondent parfaitement dans l'environnement. Un environnement qui est... Les mots me manquent encore pour les décrire. "Magnifiques" serait presque une insulte au travail effectué par Rare à ce niveau. Aujourd'hui encore ils m'impressionnent pour un jeu en 2D. Tout est superbe dans ce jeu. La palette d'animation de DK et l'ami Diddy est tout simplement énorme ! Il vous suffit de vous arrêter de jouer pendant dix secondes pour s'en rendre compte. Donkey se met par exemple à se frapper la poitrine en poussant des cris de gorille. Diddy retire sa casquette et se gratte la tête, etc.
En plus d'en foutre plein la vue à l'adolescent prépubère qui ne sait pas encore qu'il vient de pénétrer de plein pieds dans une bombe atomique en marche, les décors sont incroyablement variés. De la jungle chère à notre Kong au château de K-Rool, vous traverserez tout un tas de monde divers, comme des ruines de vieux temples style inca, des montagnes enneigées, ou des mines désafectées pour des courses en chariot endiablées... Oui, car DKC, c'est aussi un gameplay varié...
Youpi !
On ne s'ennuie pas une seconde avec ce jeu. Passé la découverte des premiers ennemis, on découvre rapidement (si on est pas trop bêtes, je vous fais confiance) les multiples possibilités de Donkey (et Diddy, vous pouvez contrôler les deux, en alternant avec Select). Il peut courir, sauter, écraser les ennemis (comment ça Mario aussi ?), mais aussi attraper des tonneaux, les jeter, rouler dessus, faire une roulade pour prendre de l'élan, sauter dans des tonneaux lesquels l'enverront vers les cieux dans un grand bruit de canon. On touche ici du doigt l'un des aspects les plus fendars du jeu, mais aussi l'un des plus stressants au bout d'un moment (quand la difficulté pointe le bout de son nez...) : J'ai nommé, les TONNEAUX ! Qu'ils soient au sol ou suspendus en l'air (me demandez pas comment ils font, spa moi qui ai fait le jeu), fixes ou mobiles, voire tournant sur eux mêmes, à déclanchement automatique ou manuel, j'en passe et des meilleures ! On se retrouve ainsi à virevolter d'un tonneau à l'autre de manière très frénétique, parfois au dessus du vide (un mauvais timing et hop ! Adios !) ! Vraiment jouissif...
Pour la petite histoire, l'un des niveaux dans la neige avait une petite astuce (enfin astuce, heureusement que toutes les "astuces" ne sont pas comme ça, vous allez voir le genre). Si on réussissait un tracé en tonneaux du premier coup sans aucun temps mort (sans jamais manquer un passage de tonneau), on récoltait deux vies en arrivant en haut ! Sympa, mais risqué, car aller vite c'est le meilleur moyen de se viander lamentablement.
C'est ça un Kremling. (mais yen a plusieurs sortes, des gros, des maigres, des bleus, des verts, ...)
On note aussi des passages inédits comme les courses en chariot dans des mines désafectés, et de nombreux passages dans l'eau d'une rare beauté (la déformation de l'écran sous l'effet de l'onde...), et à la musique lancinante.
Parlons-en de la musique ! L'une des plus belles oeuvres musicales de la console. Des themes magnifiques, riches et variés. Une mention spéciale au thème de l'eau cité plus haut : On a carrément droit aux musiques du Grand Bleu version 16 bits ! La grande classe...
On l'a dit, le jeu est incroyablement riche. Les niveaux ne se font jamais de la même façon. Entre les tonneaux cités plus haut, les nombreuses lianes dans les niveaux de jungle, les lettres K.O.N.G cachées dans le niveau, à ramasser si vous voulez gagner une vie, les très nombreuses bananes semées en route par les kremlings (100 = une vie, ça ne vous rappelle rien ?)
On peut aussi ajouter à tout ça les medaillons en forme d'animaux bien cachés dans les niveaux. Vous en trouvez trois, et un super niveau bonus où vous contrôlez l'animal en question (l'un des quatre cités juste en dessous) pour gagner plein de vies.
Il faut aussi parler des aides précieuses dont dispose Donkey. D'abord, il y a nos amis les bêtes. Quatre créatures supersympa qui vous aideront dans votre dure tâche :
- Rambi, sans doute le préféré de tous : Un rhinocéros au regard de toutou (d'ailleurs si vous vous arrêtez un peu, il tirera la langue !) qui explose tout son sur passage à coup de défense !
- Winky, une grenouille aux bonds absolument jouissifs.
- Enguarge, un espadon (si je vous dis qu'il est réservé aux niveaux aquatiques, vous ne me croirez pas alors j'le dis pas) qui nage plus vite et plus bien que vous et qui casse aussi la tête à tous les inconscients qui se mettraient en travers de son chemin.
- Expresso l'autruche, aux ailes ridicules lui permettant de planer. Elle court très vite, peut sauter très loin, mais ne peut pas écraser les ennemis (remarquez, elle se balade en baskets !)
On peut aussi ajouter Squawk le perroquet, qui n'apparaît que dans un seul niveau tout noir dans lequel il tient une lampe. Il reviendra plus en forme dans DKC 2.
Enfin, parmi les aides précieuses, on peut parler de la famille Kong. Et oui, elle ne fait pas que de la figuration (encore que Candy Kong rappelle vaguement les potiches du Juste Prix sur TF1 dans le genre je sers à rien mais j'suis belle). Kranky, en vieux briscard du jeu vidéo qu'il est, vous donne des conseils pour certains niveaux. Funky Kong vous permettra grâce à son tonneau-avion de voyager partout où vous êtes déjà allés très rapidement, et Candy sauvegardera votre partie à des points donnés de la carte.
Rambi, un petit air de toutou
Sinon, que dire de plus ? Ah oui, le jeu est long. Déjà long en soit, mais long en plus (d'accord, c'est pas clair). En réalité, le jeu comporte tellement de secrets qu'il vous faudra ramer pour obtenir les 101% tant espérés ! En fait, lorsqu'un "!" apparaît sur la carte à la suite du nom d'un niveau, c'est que vous avez tout découvert. Et les bonus sont bien cachés ! Dans les murs, dans des tonneaux, voire dans des trous...
Je pense que tout semble dit. Donkey Kong Country est le premier opus d'une trilogie qui verra le jour sur SNES. (ses deux suites seront aussi excellentes, mais on regrètera l'absence de notre DK à la cravate rouge, cet idiot se faisant lamentablement kidnapper alors qu'il vient juste de latter la tronche à 500 kremlings à lui tout seul dans le premier opus. Il devait avoir pris de la drogue lorsqu'il s'est fait attraper. Même les gorilles peuvent se marrer non ?)
C'est donc une claque avant tout graphique (personnellement en tout cas) et musicale. Mais heureusement le jeu ne s'arrête pas là et offre un gameplay parmi les plus riches de l'histoire du jeu de plate-forme, et une durée de vie conséquente. Bref, une perle Rare (désolé, j'étais obligé)
PS, (post scrispsteum) : Personnellement, la laideur du boss des racailles de la jungle (vous vous souvenez ? Les Kremlings) m'a laissé pantoi. Si cet immonde crocodile verdâtre ressemble à votre tante Alberte, je suis chagriné pour vous et vous suggère de changer de famille.
Je rajoute aussi que je n'ai pas pu faire beaucoup de screenshots, vu que la rom que j'ai sur mon émulateur est au tout début du jeu. Et quand j'y joue, je préfère toujours y jouer sur ma console, donc...
Emzy